Lors d’une récente conférence sur les Risques Psycho Sociaux (RPS), j’étais surpris par le type de réponses communément apportées sur cette problématique importante.

Il me semble en effet que l’approche conseil classique – diagnostic, plan d’action, mise en oeuvre, mesure – est essentiellement analytique, factuelle et froide. Elle met à mon sens le collaborateur en situation de passivité face aux contraintes qu’il rencontre dans son travail. Elle ne permet pas à ce dernier de prendre la responsabilité de sa manière très personnelle de vivre ces contraintes. Elle ne lui donne pas non plus l’opportunité d’exprimer la charge émotionnelle qu’il vit face à ses contraintes quotidiennes de travail. Enfin, elle ne permet pas de renforcer le nécessaire soutien social, la relation de solidarité et d’entraide qui tend à s’effriter dans certaines entreprises, et qui contribue à renforcer le sentiment de pénibilité des tâches.

Les RPS viennent questionner un certain nombre de sujets clefs pour l’entreprise : l’organisation du travail, le management des Hommes, la question du sens donné et du projet d’entreprise, etc… C’est pour moi un sujet de direction générale. En cela, toute vraie démarche de traitement des RPS trouverait la puissance et le souffle dont elle a besoin par une première réflexion en comité de direction.

Agir de manière statique sur les RPS est une tâche complexe. La notion même de « risques » induit qu’il y a un problème, et n’est pas un sujet particulièrement enthousiasmant. Cela ne fait – à mon sens – qu’en rajouter à la morosité ambiante ! En revanche, si la démarche est envisagée de manière dynamique et mise au service d’un projet d’entreprise renouvelé et mobilisateur, pour lequel on cherche à la fois à libérer l’énergie collective et à renforcer le bien être au travail, nous nous assurons alors d’une grande vitalité pour le projet.

Quand vient le temps du déploiement de la démarche RPS au sein des équipes, je crois davantage à l’opportunité d’ouvrir des espaces d’échanges et d’intelligence collective. Ces espaces sont centrés sur les personnes et permettent de :

  • Promouvoir une parole libre et bienveillante pour permettre à chacun d’exprimer, d’extérioriser sa charge émotionnelle et sa manière très personnelle de vivre son champ de contrainte professionnelle. Il s’agit d’appeler chacun dans un mouvement de liberté et de responsabilité face à son quotidien de travail.
  • Consolider le niveau de solidarité et d’entraide au sein de l’équipe en créant les conditions d’une parole libre et vraie.
  • Relever et traiter avec exigence les petits cailloux dans les chaussures qui nous pénalisent dans notre travail quotidien. Cela passe par des actions concrètes à mener.
  • Focaliser chacun sur le sens commun, relever la ligne d’horizon en impliquant l’équipe sur l’élaboration de la vision, sur la co-construction d’un futur enthousiasmant pour le service, en déclinaison du projet d’entreprise.