Contrairement aux idées reçues la réalité n’est pas linéaire, mais circulaire. Ce conte soufie pour l’ illustrer :

« Un vieil homme est assis à l’entrée d’une ville, un étranger lui demande : comment sont les gens de cette cité ?

Le vieil homme le questionne : comment sont les gens de la ville d’où tu viens ?

Egoïstes et méchants, c’est pour cela que je suis parti

Réponse : tu trouveras les même ici

Un peu plus tard, un autre étranger arrive et croise le vieil homme, lui demande : « comment sont les gens de cette cité ? Comment sont-ils dans la ville d’où tu viens ? Ils sont bons et accueillants, j’avais de nombreux amis, j’ai eu de la peine à les quitter » ; le vieil homme lui répond ; tu trouveras les même ici

Un vendeur de chameaux avait suivi les deux scènes de loin ; Il s’approche du vieil homme et lui demande : comment peux tu dire des choses opposées à ces deux hommes ?

Et le vieillard répond : parce que chacun porte son univers dans son cœur. Le regard que nous portons sur le monde n’est pas le monde lui-même, mais le monde tel que nous le percevons. Un homme heureux quelque part sera heureux partout. Un homme malheureux quelque part sera malheureux partout. »

Ainsi, mon regard sur mon environnement extérieur, ma famille, mon équipe, ma hiérarchie, va profondément impacter ma manière de me comporter. Quel que soit le contenu de mon discours, ce que je crois au fond, ma représentation, ma vision de l’autre, va colorer mon discours et impacter l’autre, dans la relation.

Prenons l’exemple de cet élève d’école dont le professeur est persuadé qu’il est démotivé, et qui se retrouve effectivement en fin d’année le dernier de la classe. Dans la pensée complexe, c’est ce qu’on appelle « l’effet pygmalion » ou la prophétie auto réalisatrice : mes représentations vont impacter mon comportement, qui va impacter mon interlocuteur, et renforcer ensuite mon propre comportement, et renforcer mes représentations. Nous sommes ici au cœur d’une boucle de rétroaction qui a un effet amplificateur : de plus en plus de la même chose. Dans la réalité circulaire, il n’y a pas de victime et de coupable, l’ensemble des acteurs est co responsable de la réalité provoquée. Ainsi, les représentations ne sont pas neutres, elles impactent autrui, par conséquent, si je veux qu’autrui change, j’ai à regarder ma propre part.

C’est toute une manière de penser qui est à transformer en profondeur, pour regarder sa propre responsabilité dans les comportements de notre entourage, qu’il s’agisse de nos proches, nos collègues.