Je me suis replongé dans la lecture des livres de Pierre CAUVIN « La cohésion des équipes » et de Will SCHUTZ « L’élément humain », et j’ai été frappé par les nombreuses convergences sur leur analyse des niveaux de maturité d’une équipe. Voici une tentative de synthèse, confrontée également à ma propre expérience d’accompagnateur.

Au fond, on observe 3 étapes dans la maturation d’une équipe :

  1. Le stade de la collection d’individus
    A ce stade de création du collectif, les personnes n’ont pas encore un intérêt commun, chacun est centré sur son prés carré (exemple : la file d’attente à l’arrêt de bus, chacun a le même but de prendre le bus, mais peu d’interaction, pas une direction commune), les échanges sont superficiels. Cette phase répond au besoin d’inclusion des membres de l’équipe. Les personnes se questionnent sur : « Est ce que je me sens considéré comme important dans ce groupe, est ce que je sens que j’y ai ma place ? Suis-je dedans ou dehors ? Est-ce qu’on m’accorde de l’attention ou est ce qu’on me laisse à l’écart et on m’ignore ? »
    Dans cette étape d’inclusion, les personnes observent d’abord le leader : son implication, sa présence, son intérêt, sa ponctualité. Si j’ai suffisamment confiance dans le leader, je tourne mon attention vers les autres membres pour déterminer le niveau d’implication que je vais mettre dans ce collectif.
    A la fin de cette phase, qu’on nomme souvent « phase sympathique » de manière illusoire, chacun fait en sorte qu’il n’y ait pas de conflit, on n’aborde pas les vrais problèmes, on met encore les vrais sujets sous le tapis.
  2. Le stade du groupe
    Il y a partage d’un début d’objectif commun, les relations interpersonnelles se développent, avec des questionnements autour de : « Qui influence qui, qui prend le lead, quelle est la place de chacun ? »
    On est encore dans l’indépendance plutôt que dans l’interdépendance. Il y a souvent des conflits car chacun se mesure à l’autre. Cette phase répond à un besoin de contrôle pour différencier les rôles et distribuer le pouvoir.
    Souvent, à la fin de cette étape, il y a un gros clash qui nettoie, tout a été mis sur la table pour passer à autre chose.
  3. L’équipe performante
    Ce qui caractérise cette étape, c’est la confiance qui s’installe. On passe au groupe solidaire, le sentiment d’appartenance se développe. Il y a davantage d’auto-régulation entre les membres et de sens commun (« où on va ensemble ? »). On résout les conflits dès qu’ils arrivent, on partage les émotions et opinions, le silence est agréable, la profondeur des échanges se renforce. Cette phase pose la question du niveau d’ouverture entre nous : « A quel niveau de proximité vais-je me situer par rapport aux autres, est ce qu’on peut parler de tout, peut-on partager ses émotions, quel niveau d’ouverture et de conscience ont les personnes sur elles-mêmes qui leur permette de s’ouvrir aux autres ? »

A quel stade en est mon équipe ? Comment lui permettre de gagner en performance ? En quoi ma posture est facilitante ou freinante dans ce processus de maturation ? Voici à mon sens des questions clefs pour un leader.