Interview de Sylvie Plique, Directrice Enfance Famille, et Arnaud Silvestre, Responsable de l’Entretien, l’Exploitation et de la Modernisation des routes, Conseil Départemental de l’Aube

Alix-Anne PICAULT : Qu’est-ce-qui vous a donné envie de vous impliquer dans la démarche « Ensemble, Osons la Confiance » ?

Sylvie Plique : Nous avons expérimenté d’abord des groupes d’échanges de pratiques entre cadres, accompagnés par Toscane Accompagnement. Cela nous a montré que quelles que soient nos expertises techniques, nous rencontrons les mêmes problèmes de conflits, de relations humaines. Qu’on soit sur la route, ou qu’on fasse du social, c’est la même chose. Nous avons découvert un espace pour poser des problèmes très concrets, et trouver des réponses.

Arnaud Silvestre : Pour moi, Ingénieur, je suis très technique dans mon métier. Ce qui importe, c’est la réalité à l’épreuve des faits. Nommer mes ressentis, comme nous le faisons dans ce groupe de coordination et au sein de l’école du management, poser mes valises, dans l’authenticité, cela a été un véritable choc culturel. Je continue parce que cela me donne de l’énergie. Globalement, j’ai changé dans ma manière de manager, je décide moins… je laisse davantage les équipes prendre des initiatives et décider.

AAP : Les Valeurs, en quoi concrètement cela apporte un plus à votre quotidien ?

SP : Aujourd’hui, pour mes recrutements, une question que je pose souvent à mon candidat c’est : « quel type de valeur vous pensez que vous incarnez » ? Je vois rapidement alors les candidats surpris et muets, et ceux qui sont déjà porteurs de cette dimension des Valeurs. Cela m’aide à mesurer le niveau d’engagement, de motivation, et à voir la compatibilité avec nos Valeurs, pour qu’elles vivent dans nos équipes.

AAP : Quelles sont les plus grandes résistances que vous rencontrez, sur le terrain ?

SP : Dans les secteur médico social, on attend que l’institution réponde, quand il y a un problème. Ce qui est difficile, c’est l’écart entre ce que l’on vit au sein du groupe de coordination, de l’atelier projet de service, et la réalité du terrain. J’ai initié dans le cadre d’une réorganisation, une démarche collaborative au sein de mes équipes, en demandant, à chacun de quoi il a envie, et je suis confrontée parfois à une fermeture, une habitude à l’exécution simple, pas d’initiatives.

AAP : Quels impacts positifs de cette démarche « Osons la Confiance » observez vous ?

AS : L’image auprès des élus de la Direction des Routes a complètement changé en 2 ans. A la suite d’une série de dysfonctionnements qu’on nous reprochait, on s’est mobilisé de manière collaborative, en mélangeant les métiers terrain et le bureau. 130 agents sur 200 se sont mobilisés. On a fait la liste de tous les reproches et les pistes de solutions. Globalement, cette démarche participative nous a permis d’écrire notre projet de service ensemble et d’améliorer significativement notre efficacité.

AAP : Quelles perspectives dans les mois à venir pour le Projet « Ensemble, Osons la Confiance » ?

AS et SP : Nous allons impulser un autre événement collaboratif de type Forum Ouvert avec tous les agents volontaires bientôt, pour donner un souffle supplémentaire à la démarche.

AAP : Et si tout cela était à refaire, vous le referiez ?

AS : Si c’était à refaire, bien sûr que je serais partant. On voit bien que le système actuel de fonctionnement de notre administration, voire plus généralement le système décision-application, a vécu. La démarche, avec son tryptique Raison d’Etre, Valeur, Ambition, trouve tout son sens dans la détermination d’un nouveau fonctionnement qui renforce la responsabilité et l’autonomie de chaque acteur, ainsi que ses prises de décision.