Conférence de JF ZOBRIST à la CCI d’Orléans du 27 Novembre 2013.

Voici quelques extraits marquants de cet évènement :

« Innover » vient du mot « nouveau ». Créer du nouveau. Ce n’est pas de la recherche. La recherche ne crée ni emploi ni produit.

L’homme préhistorique a été formaté comme chasseur pendant 15 millions d’années : sortir de sa grotte, repérer les signaux faibles (des poils = une grosse bête, je me sauve). C’était intuition => action. Pareil pour 15 000 ans de l’agriculture.

Au XXème siècle, on a commencé à chercher à tout prévoir. Dans l’histoire de l’humanité, on n’a jamais cherché à tout prévoir. La préoccupation c’était « manger ». On a inventé le principe de précaution, on l’a même mis dans la constitution.

Il y a aujourd’hui 30% de controleurs dans l’entreprise (en intégrant les services supports, la qualité, etc…). C’est les controleurs qui ont le pouvoir. Ce n’est pas comme cela que le monde a avancé jusqu’à maintenant. Il faut respecter vos intuitions, laisser place à l’incertain. C’est impossible de tout prévoir. On est passé du management de l’incertain pendant des millions d’années à la gestion du certain.

Les gens les plus importants dans l’entreprise sont ceux qui ajoutent de la valeur : les ouvriers, et ceux qui vendent.

Actuellement ce n’est pas une crise, c’est une fin de cycle. Il y a un siècle, on avait faim, alors il y avait plus de consommateurs que de producteurs. Actuellement tous les besoins physiologiques de base et de masse sont satisfaits. Il n’y a que le renouvellement. Donc il faut innover, créer d’autres choses.

Innover : sortir, chercher les signaux faibles, laisser les chances au hasard.

Arrêter les réunions formelles (on se voit quand il y a un sujet à traiter avec les gens concernés), arrêter les reportings écrits : vous vous rendrez compte que les cadres sont occupés à 50% avec ça.

Sortez de votre bureau. Voyagez. Moi j’envoie des ouvriers au Japon. Un ouvrier voit des signaux faibles que ne voit pas un ingénieur.

Comment passer du contrôle à la confiance ? Le coût du contrôle est supérieur au gain de la confiance. Il faut commencer à faire plus avant de chercher à dépenser moins. Expliquer pourquoi et arrêter de se centrer sur le comment (les procédures notamment).

Faire confiance : on ne peut pas faire un peu confiance. Il faut faire confiance totalement et jusqu’au bout. « La confiance n’exclut pas le controle » est une bétise. Quand votre femme va chez le coiffeur, si vous appelez le coiffeur derrière pour vérifier vous finirez cocu !

Pour innover, ne pas chercher à améliorer l’existant. Sortir du cadre. Fermer les yeux et ouvrir son 3ème oeil, pour trouver une solution autre. Pour cela, il est important de sortir, s’inscrire à APM, GERM ou CJD.

Il faut proner sans organiser. Sinon on fige le système. Laisser les ouvriers s’organiser comme ils veulent.

Lorsque des changements de fond s’imposent aux équipes, il peut être utile de passer par les femmes d’abord. Par exemple, chez Favi, lorsqu’il a fallu introduire en production des nouvelles technologies, il y a eu de fortes résistances : les hommes ne voulaient pas aller en formation. On a commencé par former les ouvriers femmes. Et ensuite, les hommes voyant qu’elles y arrivaient ont « mendié » pour être formés.

Pour apprendre à des personnes à nager :

  • Commencer par les faire rêver sur ce qu’il y a de l’autre coté de la rive
  • Faites en sorte qu’ils aient moins peur de l’eau
  • Ensuite c’est eux qui vous demanderont à apprendre à nager.

Aujourd’hui, à l’inverse, les plans de formation sont trop souvent décidés en haut et les personnes ne savent pas pourquoi elles y sont inscrites !

L’essentiel de l’innovation vient de la capacité à sortir et laisser les chances au hasard.

VALEURS :

Tout système tient entre 2 valeurs limites. Pour les américains, c’est « propriété privée » et « liberté ». Si tu touches à ma voiture, je te tire dessus et on ne me posera pas de question, car tu as touché à une valeur clef de la société !

Chez Favi, il y a 2 valeurs clefs :

-       « L’Homme est bon »

-       « L’amour du client »

Et il y a des valeurs d’usage, pas obligatoires mais bonnes à respecter pour mieux fonctionner ensemble.

Dans beaucoup d’entreprises, au contraire, les valeurs réelles sont « tout prévoir » et « zéro risque ».

Le respect des valeurs va jusqu’au licenciement. On ne touche pas aux valeurs clefs. On ne peut pas manager dans la confiance s’il n’y a pas des repères. Ce sont les valeurs limites.

Innovation sur les processus : laisser les ouvriers trouver les bonnes solutions. La recherche du confort, notamment, est productive et source d’innovation.

 

MÉTHODES D’INNOVATION :

Un professeur au M.I.T., M. Shiba, a inventé des outils d’innovation. (voir sur le site www.favi.com )

Au fond, c’est « qu’est ce que veut le client ? ». Il est important de penser à coté pour revenir à la base des choses.

CEM : une méthode de « conception à l’écoute du marché ». Elle utilise un diagramme d’affinité. Cette méthode est basée sur des interviews chez le client à tous les niveaux. Seul un ouvrier peut questionner un ouvrier. Cela a permis chez Favi de répondre à des besoins de clients qui n’étaient pas exprimés.

Les « principes de St Benoit appliqué au management » (une intervenante à l’APM) : quand tu as un problème pas important, consulte les anciens. Quand tu as un problème important, consulte les jeunes, car ils peuvent aller vers quelque chose d’inattendu.

C’est oser s’adresser à des gens qui n’y connaissent rien pour chercher un regard nouveau sur la situation à améliorer.

Méthode Cautic : mesurer la distance entre une idée innovante et ce que le marché est près à entendre. Quels sont les freins qui font que l’idée ne peut encore être acceptée sur le marché, par les clients ?

Voir également www.favi.com pour consulter la méthode de sélection et d’intégration des nouveaux collaborateurs.

Ne faites jamais dans l’usine ce que vous ne faites pas dans votre famille ou avec vos amis.

Il faut innover dans notre espace de liberté, dans notre périmètre de responsabilité. En dehors, c’est trop risqué.